Da l’altru latu

Écrites tout au long de l’été 2016, ces chroniques permettent au lecteur d’accéder ou de redécouvrir les oeuvres de Marc Biancarelli, Jérôme Ferrari, Jean-Yves Acquaviva, Jean-Baptiste Predali et de préparer ainsi le séminaire qui débutera le 24 janvier 2017.

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La Leçon de choses de Jérôme Ferrari

Dans La Route des Flandres, alors que le lecteur est plongé dans un amas de discours, de détails interminables sur la guerre, sur l’angoisse et sur la peur, alors que le lecteur ne cesse d’être joué, voire abusé, par une mémoire dont l’activité principale consiste à imbriquer les émotions, les souvenirs et les paroles d’autres personnages au coeur même d’une seule énonciation, c’est une leçon qui nous est adressée: une leçon sur le temps, une leçon sur l’histoire, une leçon sur la mort.

Articles

Vous trouverez sur cette page l’ensemble des articles qui introduisent les travaux du séminaire « Franchir la frontière littéraire », qui débutera le 24 janvier 2017, à l’École Normale Supérieure.

Ainsi parlait Acquaviva

On se souvient peut-être des paroles de Zarathoustra à l’heure de midi:« Silence! Silence! Le monde à l’instant même n’est-il devenu parfait? Que m’advient-il donc? De même qu’une légère brise, invisible, sur une mer étale danse, légère, d’une légèreté de plume, ainsi- danse sur moi le sommeil ». On se souvient sans doute de ces quelques paroles d’extase qui, jetées dans une chaleur étouffante, place ce personnage de la solitude, ce personnage du sublime, qu’est Zarathoustra au coeur d’une situation harmonieuse dans laquelle celui-ci disparaît. On se souvient de ces quelques paroles qui permettent au héros de Nietzsche de rompre enfin avec la vie des autres hommes, vivant dans les villes, vivant en famille, sans jamais se soucier de leur propre chemin vers la hauteur.